Relic abandonne le RTS pour un hybride tour par tour entre Advance Wars et Impossible Creatures – et ça déroute
Un virage inattendu pour le studio derrière Company of Heroes
Quand on pense à Relic Entertainment, une seule chose vient à l’esprit : les jeux de stratégie en temps réel. Le studio canadien a marqué l’histoire du genre avec des licences cultes comme Warhammer 40,000: Dawn of War, Company of Heroes ou encore Age of Empires IV. Pourtant, après des décennies à peaufiner l’art du RTS, Relic nous surprend avec un projet radicalement différent : un jeu hybride tour par tour mêlant l’ADN d’Advance Wars et celui d’Impossible Creatures, deux références des années 2000. Un choix qui laisse les fans perplexes, voire déçus.
Le jeu en question, encore mystérieux (son nom n’a pas été officiellement dévoilé), a été présenté lors d’un événement interne chez Sega, propriétaire de Relic depuis 2013. Les premières images et descriptions fuitées révèlent un mélange audacieux : des combats tactiques au tour par tour, une esthétique cartoon proche d’Advance Wars, et un système de création de créatures inspirées d’Impossible Creatures, ce jeu culte de 2003 où l’on fusionnait des animaux pour en faire des monstres de guerre. Sur le papier, l’idée est séduisante. Mais pour les habitués des batailles épiques en temps réel de Relic, le choc est violent.
Pourquoi Relic lâche le RTS ? La réponse est (peut-être) dans les chiffres
Le déclin des jeux de stratégie en temps réel n’est un secret pour personne. Malgré une communauté fidèle, le genre peine à séduire un large public depuis des années. Les coûts de développement explosent, les attentes des joueurs évoluent, et les RTS « classiques » comme StarCraft II ou Age of Empires IV, malgré leur qualité, ne cartonnent plus comme à l’époque de Warcraft III ou du premier Command & Conquer.
Relic a probablement fait ses calculs. Après le succès mitigé d’Age of Empires IV (un jeu solide, mais loin d’être le renouveau espéré pour la licence), le studio a peut-être jugé qu’il était temps de diversifier ses risques. D’autant que Sega, son éditeur, a récemment misé sur des projets plus accessibles et rentables, comme les remakes de Like a Dragon ou les jeux Sonic. Dans ce contexte, un jeu tour par tour, plus facile à développer et à monétiser (via des DLC ou un modèle free-to-play), semble être un pari plus sûr qu’un nouveau Company of Heroes.
Mais ce virage stratégique pose question : Relic a-t-il vraiment les épaules pour réussir dans un genre qu’il n’a jamais exploré ? Advance Wars et Impossible Creatures étaient des jeux niche, portés par des mécaniques ultra-précises et un charisme fou. Reproduire cette magie en 2024, sans l’expérience du studio dans le domaine, relève du défi.
Un mélange Advance Wars + Impossible Creatures : bonne ou mauvaise idée ?
Sur le papier, l’hybridation des deux licences a du sens. Advance Wars, c’est l’art de la tactique pure : des unités variées, des cartes bien conçues, et un gameplay qui récompense la réflexion plus que la vitesse. Impossible Creatures, de son côté, apportait une touche de folie avec son système de combinaison d’animaux, permettant de créer des abominations uniques (un gorille avec des ailes de libellule ? Pourquoi pas).
Le problème, c’est que ces deux jeux avaient des identités très fortes, portées par des studios qui maîtrisaient leur sujet. Intelligent Systems (Advance Wars) et Relic (à l’époque de Impossible Creatures, via un partenariat avec Microsoft) savaient exactement ce qu’ils faisaient. Aujourd’hui, Relic part de zéro dans un genre qu’il ne connaît pas, avec une équipe probablement habituée à coder des pathfindings en temps réel plutôt que des systèmes de tour par tour.
Les risques sont nombreux :
– **Un gameplay trop simpliste** : Les fans d’Advance Wars attendent de la profondeur tactique, pas un jeu mobile déguisé.
– **Un système de création de créatures mal équilibré** : Impossible Creatures était génial parce que ses combinaisons avaient un sens. Si Relic se rate sur les synergies entre animaux, le jeu deviendra vite chaotique.
– **Une identité visuelle trop enfantine** : Advance Wars avait un style cartoon assumé, mais qui collait à son ton léger. Si Relic tombe dans le « mignon mais vide », les joueurs risquent de décrocher.
Et les fans de RTS dans tout ça ?
La réaction de la communauté est sans appel : beaucoup se sentent trahis. Après des années à attendre un nouveau Dawn of War ou un Company of Heroes 3 qui aurait enfin modernisé la formule, les voici confrontés à un jeu qui n’a rien à voir avec ce qu’ils aiment.
Certains y voient une trahison, d’autres une nécessité économique. Mais une chose est sûre : Relic prend un gros risque en abandonnant (même temporairement) son cœur de métier. Les studios qui changent radicalement de direction ont rarement le succès espéré. Blizzard avec Diablo Immortal, BioWare avec Anthem… La liste est longue.
Pourtant, il y a un espoir. Si Relic parvient à capturer l’esprit des deux jeux qui l’inspirent, tout en y ajoutant sa patte (un level design soigné, des mécaniques profondes), ce projet pourrait devenir une surprise agréable. Après tout, Impossible Creatures était déjà une folie ambitieuse en son temps. Et si Relic réinventait la roue ?
Que peut-on attendre de ce jeu mystérieux ?
Pour l’instant, les informations sont rares. On sait que le jeu est en développement depuis plusieurs années, ce qui laisse penser que Relic ne se lance pas dans ce projet à la légère. Les fuites évoquent :
– **Un système de campagne solo** avec une narration poussée, une première pour Relic depuis longtemps.
– **Des batailles en tour par tour** avec un système de fog of war (brouillard de guerre) inspiré des meilleurs tactiques.
– **Un éditeur de créatures** qui permettrait de mixer des animaux réels pour en faire des unités de combat, comme dans Impossible Creatures.
– **Un style visuel coloré et décalé**, loin de l’esthétique réaliste ou dark fantasy des précédents jeux du studio.
Si Relic joue bien ses cartes, ce jeu pourrait combler un vide dans le marché des tactiques tour par tour. Depuis l’arrêt d’Advance Wars (la série est en pause depuis 2013, malgré un remake sur Switch en 2021), les fans de stratégie au tour par tour manquent cruellement de nouveautés. Et Impossible Creatures, malgré son statut de culte, n’a jamais eu de suite. Une fusion des deux pourrait être explosive.
Conclusion : Relic joue-t-il son avenir sur ce coup de poker ?
Ce projet est un pari audacieux, peut-être même désespéré. Relic a bâti sa réputation sur des RTS exigeants, et voici qu’il se lance dans un genre qu’il ne maîtrise pas, en s’inspirant de deux licences qui ont marqué leur époque… mais qui datent de plus de 20 ans.
Deux scénarios sont possibles :
1. **Le succès inattendu** : Le jeu surprend tout le monde, devient un hit critique et commercial, et Relic prouve qu’il peut réinventer son ADN. Les fans de RTS râlent, mais le studio s’ouvre à un nouveau public.
2. **L’échec cuisant** : Le jeu passe inaperçu, critiqué pour son manque de profondeur ou son identité floue. Relic perd sa crédibilité, et Sega remettra en question son utilité dans son portefeuille de studios.
Une chose est sûre : ce projet divise déjà. Certains y voient une opportunité pour Relic de se renouveler, d’autres une erreur stratégique qui pourrait coûter cher. Une chose est certaine, on n’a pas fini d’en parler. Et si vous êtes fan de stratégie, gardez un œil sur ce jeu… parce que, contre toute attente, il pourrait bien devenir le titre surprise de 2025.
En attendant, une question reste en suspens : et si Relic revenait un jour aux RTS ? Parce qu’après ce détour, les fans de Company of Heroes mériteraient bien un petit cadeau.
